Électrifier la France pour notre souveraineté

Poursuivant sa stratégie de reindustrialisation et de renforcement de notre souveraineté, le Gouvernement accélère sur l’électrification. J’étais ce matin à l’Élysée, aux côtés du Président de la République, du gouvernement et des distributeurs, fournisseurs d’électricité et industriels, pour accélérer l’électrification de la France, suite à…
Poursuivant sa stratégie de reindustrialisation et de renforcement de notre souveraineté, le Gouvernement accélère sur l’électrification.
J’étais ce matin à l’Élysée, aux côtés du Président de la République, du gouvernement et des distributeurs, fournisseurs d’électricité et industriels, pour accélérer l’électrification de la France, suite à la présentation du Plan électrification par le Premier ministre en avril dernier.
Rappelons d’abord qu’aujourd’hui, nous dépendons à 99 % des importations pour notre approvisionnement en pétrole et en gaz. C’est plus de 50 milliards d’euros de dépenses chaque année qui pourraient être évitées et bénéficier à notre économie. On le sait : chaque crise géopolitique – guerre, tensions maritimes, décisions de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de réduire leur production de pétrole – se traduit par des hausses immédiates des prix des fossiles, de l’inflation importée et une pression sur le pouvoir d’achat. Cette vulnérabilité stratégique est criante.
Cela ne peut plus durer.
Parce qu’il en va de notre capacité à peser dans les négociations internationales et géopolitiques. De notre indépendance économique et énergétique.
Or, nous disposons d’un atout immense : une électricité produite sur notre sol, décarbonée grâce au nucléaire et aux renouvelables, et plus compétitive et plus fiable que chez nombre de nos voisins en Europe et hors d’Europe.
Depuis 2022, nous avons augmenté notre production d’électricité nucléaire et renouvelable de plus de 30 % et nous avons fait des gains d’efficacité et réduit notre gaspillage de l’énergie. C’est ce qui explique que les prix français de l’électricité soient aujourd’hui inférieurs de l’ordre de 50% par rapport à l’Allemagne et de l’orde de 80% par rapport à Italie, par exemple. Et qu’ils soient désormais largement déconnectés des prix du gaz.
J’ai mené ce combat en Europe. Affronté la Commission européenne, l’Allemagne, le Luxembourg ou encore l’Autriche pour faire reconnaître le rôle du nucléaire dans la transition énergétique. Grâce à l’Alliance européenne du nucléaire que j’ai lancée en février 2023, nous avons obtenu des avancées majeures, notamment sur la réforme du marché européen de l’électricité et sur les textes climatiques européens.
Mais aujourd’hui, nous devons accélérer. Produire c’est bien mais il faut utiliser à bon escient notre surplus d’électricité et non le vendre à vil prix.
Nous devons donc électrifier massivement nos usages pour baisser fortement notre dépendance aux énergies fossiles.
Les entreprises l’ont parfaitement compris. Ce matin, distributeurs, énergéticiens, industriels et constructeurs automobiles sont venus à l’Élysée avec des engagements massifs et des milliards d’euros d’investissements pour accélérer l’électrification du pays. Pas pour nous faire plaisir. Mais parce que ce sont des décisions économiques rationnelles qui leur font gagner des points de compétitivité et qui les protègent des aléas géopolitiques.
Quand Electra prévoit 300 millions d’euros d’investissements d’ici 2030 pour déployer 1 000 nouveaux points de recharge ultra-rapide par an, ou quand E. Leclerc projette 2,3 milliards d’euros pour accompagner le développement de 10 000 points de charge en 2030 puis 30 000 en 2035, ce n’est pas une simple décision business : c’est la construction d’une infrastructure aussi essentielle que les lignes ferroviaires au 19e siècle.
Le fait que Peugeot rende accessibles dès cette semaine douze modèles via le leasing social, avec des mensualités a partir de 95 euros, cela dit quelque chose d’essentiel politiquement : la transition n’a de sens que si elle est accessible à tous.
Quand EDF lance son offre “Zen Estival” avec des « super heures creuses » entre 11h et 18h d’avril à octobre, à des prix décotés du kilowattheure, l’objectif est encore une fois très clair : matérialiser le gain de pouvoir d’achat que doit nous procurer cette électricité française abondante.
Quand EDF débloque 30 millions d’euros supplémentaires pour accélérer le déploiement de chaudières électriques pour des procédés industriels réalisés aujourd’hui avec du gaz naturel, quand Octopus prévoit de porter à 250 millions d’euros ses investissements dans la décarbonation de la chaleur industrielle d’ici 2030, ou quand Idex annonce 60 millions d’euros par an pour financer l’installation de pompes à chaleur dans les copropriétés, logements sociaux et bâtiments tertiaires, on comprend que nous sommes en train de transformer en profondeur notre modèle énergétique.
Si autant d’acteurs investissent désormais dans les bornes, les véhicules électriques, les pompes à chaleur, les réseaux ou la flexibilité électrique, ce n’est pas pour répondre à une injonction publique. C’est parce qu’ils ont compris qu’ils doivent être partie prenante de cette transformation structurelle de notre système énergétique français et européen pour rester dans la course.
Oui, l’électricité va prendre une part bien plus importante dans notre mix énergétique.
Et ce basculement est majeur. Parce qu’il suppose de transformer les infrastructures, les modèles économiques, les chaînes industrielles, les habitudes de consommation et la manière dont fonctionne le réseau électrique.
Notre cap doit rester le même : permettre aux ménages et aux entreprises de bénéficier davantage de notre électricité produite en France pour baisser durablement notre dépendance au pétrole et au gaz.
Parce que nous voulons une France plus robuste. Parce que nous voulons avoir une industrie forte demain et qu’elle devra être décarbonée pour rester compétitive. Parce que nous voulons une Europe puissance. Parce que la souveraineté énergétique est devenue l’une des grandes batailles économiques et géopolitiques des prochaines décennies. Et que la France compte bien rester dans la partie.