Plan EcoPhyto : les agriculteurs ne sont pas d’affreux pollueurs

Face au dérèglement climatique et à l’effondrement de la biodiversité il nous faut agir aujourd’hui pour redresser la barre. Les sols s’épuisent, les rendements baissent, l’eau qui est fourni au robinet doit être de plus en plus traitée, les sécheresses concentrent les pollutions. Mais il faut aussi s’assurer que nous serons capables demain de produire notre alimentation dans un contexte ou de nouvelles maladies des végétaux apparaissent et où les ravageurs se multiplient. Comment user avec discernement des produits phytosanitaires pour ne pas hypothéquer l’avenir et accompagner les agriculteurs dans leur transition, c’est le défi que je veux relever avec le plan ecophyto en tant que ministre déléguée à l’agriculture. Merci à la Tribune Dimanche qui m’a permis d’en détailler les principales annonces.
Extrait :
La Tribune Dimanche : que contient votre plan ?
Agnès Pannier-Runacher : Le plan Ecophyto 2030, c’est trois éléments clés. Tout d’abord, une ambition forte : celle de réduire de 50% d’ici 2030 l’utilisation des produits phytosanitaires par rapport à la période 2011-2013. Ensuite, des moyens financiers inédits : plus d’un milliard d’euros cumulés, soit 250 millions d’euros par an entre 2024 et 2026 pour la recherche de solutions alternatives, auxquels s’ajoutent 300 millions d’euros venant du plan d’investissement « France 2030 ». Une nouvelle méthode enfin avec deux principes d’actions. Premièrement, ne pas placer les agriculteurs face au fait accompli de décisions prises depuis Paris et qui fragilisent des filières. Il faut faire confiance aux agriculteurs engagés dans la transition agroécologique. Ils sont les premières victimes du dérèglement climatique et de la baisse des rendements liée à l’effondrement de la biodiversité ; nous devons les accompagner. Deuxième élément de méthode : la nécessité d’une plus grande harmonisation des normes françaises et européennes afin d’éviter des situations de concurrence déloyale.
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Retrouvez l’intégralité de cette interview sur le site de La Tribune Dimanche.