Combattre le poison lent et violent de l’alimentation ultra-transformée

Quand la ville de San Francisco attaque en justice fin 2025 huit géants de l’agroalimentaire comme Mars ou Nestlé pour avoir « créé une crise de santé publique », cela rend visible une évidence : la nourriture ultra-transformée est une cause avérée de maladies et génère un coût énorme pour la collectivité.
Au moment où la question de la soutenabilité de notre modèle social se pose, les chiffres sont sans appel. Selon une analyse de 2025 de The Lancet, les « aliments ultra-transformés » ont contribué à l’explosion de l’obésité, du diabète, des maladies cardiovasculaires, de la dépression et de nombreuses pathologies chroniques à l’origine de décès prématurés. Et si la France n’est pas les États-Unis, ces produits représentent déjà près de 35 % de nos calories quotidiennes et leur coût pour l’Assurance maladie atteindrait, au bas mot, 11 milliards d’euros par an. Autrement dit : nous payons deux fois. À la caisse, puis à l’hôpital.
Le plus révoltant concerne nos enfants. L’obésité infantile progresse et le diabète de type 2 fait son apparition chez des adolescents. Des pathologies pour la vie. C’est du jamais vu.
Ce n’est pas le résultat d’un manque de volonté des familles, mais le succès d’un marketing agressif qui bombarde les plus jeunes de produits conçus pour être addictifs.
Allons plus loin : l’ultra-transformation est un problème de justice sociale. Les ménages modestes subissent une double peine : une alimentation dégradée, imposée par des contraintes budgétaires, qui se paie ensuite au prix fort par une baisse de leur espérance de vie. Cette situation est inacceptable.
Agir, ce n’est pas culpabiliser, c’est protéger. Protéger, c’est définir juridiquement ces aliments pour mettre fin à l’hypocrisie. Protéger, c’est éduquer les plus jeunes au goût. Protéger, c’est bannir le marketing visant les mineurs et encadrer les promotions massives qui les banalisent. Protéger, c’est aussi proposer une nourriture peu transformée en restauration collective. Protéger, c’est enfin garantir la liberté de bien manger en sanctionnant les allégations santé trompeuses et en donnant une information loyale, comme le Nutri-Score.
Cette bataille est aussi celle pour nos agriculteurs. La crise actuelle le prouve : produire toujours moins cher, n’est pas viable. L’ultra-transformation est le moteur d’une agriculture dont la valeur est toujours plus minimisée.
S’en libérer, c’est reconnaître que la qualité a un coût et construire des débouchés permettant aux agriculteurs de vivre dignement de leur terre. C’est promouvoir celles de nos PME, ETI ou grandes entreprises de l’agroalimentaire qui s’engagent avec les agriculteurs et améliorent sans cesse leurs recettes. C’est aussi défendre notre culture du goût : en France, manger est un acte de transmission. L’ultra-transformation est une offense faite à cet héritage culinaire.
Face à ces défis, la Stratégie nationale alimentation nutrition climat (SNANC) ne peut plus attendre. Elle doit assumer un cap courageux : réduire la consommation de produits ultra-transformés, protéger les enfants et soutenir les filières de qualité. Ce cap peut être traduit sans délai dans un véritable projet de loi.
Ce combat concerne nos enfants, notre santé et notre souveraineté. Il réunit tous les Français. Nous avons une responsabilité collective : agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.
Agnès PANNIER-RUNACHER
Députée Renaissance du Pas-de-Calais ; ancienne ministre successivement de l’Industrie, de l’Agriculture et de l’Écologie
Yannick NEUDER
Député Les Républicains de l’Isère ; ancien ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins
Guillaume GAROT
Député Parti Socialiste de la Mayenne ; ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire
Sandrine LE FEUR
Présidente de la Commission du Développement durable et Aménagement du territoire et députée Renaissance du Finistère
Stéphane TRAVERT
Président de la Commission des Affaires économiques et député apparenté Ensemble pour la République de la Manche ; ancien ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
Frédéric VALLETOUX
Président de la Commission des Affaires sociales et député Horizons de Seine-et-Marne ; ancien ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention
Geneviève DARRIEUSSECQ
Députée MoDem des Landes ; ancienne ministre de la Santé et de l’Accès aux soins
Agnès FIRMIN LE BODO
Députée Horizons de Seine-Maritime ; ancienne ministre de la Santé et de la Prévention
Pascal LECAMP
Député MoDem de la Vienne
Christophe NAEGELEN
Député Liberté, Indépendants, Outre-Mer et Territoires des Vosges
Dominique POTIER
Député Parti socialiste de Meurthe-et-Moselle
Aurélien ROUSSEAU
Député Place Publique des Yvelines ; ancien ministre de la Santé et de la Prévention
Antoine VERMOREL-MARQUES
Député Les Républicains de la Loire
Stéphane BUCHOU
Député Renaissance de Vendée
Lionel CAUSSE
Député apparenté Renaissance des Landes
Julie DELPECH
Députée Renaissance de la Sarthe
Nicole DUBRÉ-CHIRAT
Députée Renaissance du Maine-et-Loire
Jean-Luc FUGIT
Député Renaissance du Rhône
Camille GALLIARD-MINIER
Députée Renaissance de l’Isère
Olga GIVERNET
Députée Renaissance de l’Ain ; ancienne ministre déléguée chargée de l’Énergie
Guillaume GOUFFIER VALENTE
Député Renaissance du Val-de-Marne
Christine LE NABOUR
Députée Renaissance d’Ille-et-Vilaine
Christophe MONGARDIEN
Député Renaissance des Hauts-de-Seine
Jean-François ROUSSET
Député Renaissance de l’Aveyron
Liliana TANGUY
Députée Renaissance du Finistère
Annie VIDAL
Députée Renaissance de Seine-Maritime
Anne-Cécile VIOLLAND
Députée Horizons de Haute-Savoie