« C’était une erreur stratégique » : comment l’Europe a fait un virage à 180 degrés sur l’énergie nucléaire

DÉCRYPTAGE – Ursula von der Leyen a reconnu mardi que l’Europe s’était trompée en réduisant sa production d’électricité nucléaire. L’aboutissement d’une longue campagne de réhabilitation.
« On a tous fait un bond sur nos chaises. On s’est regardés, en se demandant : “J’ai bien entendu ce que j’ai entendu ?”. » Aux premiers rangs de l’assistance du Sommet sur l’énergie nucléaire qui s’est tenu mardi, à La Seine musicale, les ministres, anciens ministres, hauts fonctionnaires et industriels de la filière française n’en reviennent pas. « La réduction de la part du nucléaire en Europe était un choix », vient d’expliquer à la tribune Ursula von der Leyen, qui a ajouté : « Je pense que c’était une erreur stratégique. » Des mots forts, directs, qu’aucun de ceux qui l’écoutaient ne pensait entendre un jour de la bouche de la présidente de la Commission européenne. « Cela nous a étonnés, c’était vraiment sans fioritures », confie un proche de l’exécutif. Surtout le jour du quinzième anniversaire de la catastrophe de Fukushima.
Voici l’énergie nucléaire réhabilitée après vingt ans de combat européen. Ce « cheval mort », selon les mots de l’ex-chancelier social-démocrate allemand Olaf Scholz en 2023, est ressuscité par Ursula von der Leyen comme « une source fiable et abordable d’énergie à faibles émissions » de carbone. Qu’a-t-il fallu pour en arriver à ce revirement ? Si peu : une guerre d’agression livrée par le voisin russe (depuis 2022), un black-out électrique de l’Espagne (avril 2025), une élection et un changement de chancelier et de coalition en Allemagne (mai 2025), ainsi qu’un blocus inédit du détroit d’Ormuz et des hydrocarbures du golfe Persique (mars 2026).
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