Mes voeux pour 2025

Mesdames et Messieurs les parlementaires, 

Mesdames et Messieurs les élus locaux, 

Mesdames et Messieurs, 

Gravité.

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit en ce début d’année 2025, tant les défis qui nous attendent sont nombreux.

Nous sommes réunis ce matin, dans cette Grande Galerie de l’Évolution, un lieu qui porte en lui le souvenir des bouleversements passés / et la menace de ceux à venir.

Ici, face à la beauté fragile de la biodiversité, nous ne pouvons ignorer la violence des catastrophes climatiques qui nous ont frappés en 2024. Et je pense ce matin, évidemment, aux victimes des inondations en Bretagne. 

Orages et tempêtes d’une rare intensité, inondations ravageuses, canicules à répétition : la nature nous rappelle, de manière métronomique, nos fragilités. Nos vulnérabilités.

C’est justement cette fragilité partagée qui doit nous rassembler. C’est elle qui doit nous conduire à un sursaut collectif.

Car 2025 sera l’année de tous les dangers pour l’environnement.

Danger, car nous sommes confrontés à la montée des populismes qui voudraient faire de l’écologie l’origine de tous nos maux. 

A les entendre, c’est elle qui plomberait notre compétitivité. Elle encore qui menacerait nos emplois. Elle, toujours, qui serait responsable des difficultés de pouvoir d’achat dans notre pays. Elle, enfin, qui porterait atteinte à nos libertés et à notre souveraineté… 

C’est pourquoi, devant vous, je veux redire avec force que l’écologie n’est pas un luxe réservé à une élite de grandes villes. Que ce n’est pas non plus une marotte de politiques en mal de renommée. La transition écologique, c’est la seule réponse viable dont nous disposons pour lutter contre trois menaces – le dérèglement climatique, la disparition de la biodiversité et les pollutions. Trois menaces qui vont s’inviter violemment dans nos quotidiens dans les années à venir. 

Ces trois menaces, elles affectent déjà nos vies. Elles pèsent déjà sur la santé des Françaises et des Français. Doit-on rappeler les 48 000 décès prématurés chaque année du fait de la pollution de l’air ? L’équivalent de la population de la Ville d’Arras disparait ainsi chaque année.

Ces trois menaces, elles affectent déjà nos agriculteurs, confrontés à une météo erratique et à de nouveaux ravageurs qui prospèrent à la faveur d’hivers doux. Elles affectent déjà nos pêcheurs, qui voient les stocks de poissons se déplacer et diminuer. Elles affectent déjà nos industriels, qui constatent l’augmentation des prix de l’énergie, des ressources naturelles, et la concurrence exacerbée pour y avoir accès. 

Ces trois menaces, elles pèsent aussi déjà sur le portefeuille de nos concitoyens dans les rayons de nos supermarchés ! Inflation sur le cacao et le café sous l’effet de mauvaises récoltes. Augmentation de 45% du prix de l’huile d’olive en raison des sécheresses en Espagne. Et ce n’est qu’un début. 

Ces trois menaces, elles sont à l’origine du durcissement des politiques menées par des Etats-nations qui veulent sécuriser leur accès aux matières premières stratégiques : l’énergie, l’eau, les métaux critiques, les matières premières naturelles… 

La Chine qui interdit des exportations. Les Etats-Unis qui convoitent de nouveaux gisements dans d’autres pays. Ces mouvements qui témoignent d’une fébrilité inédite de grands Etats qui ne croient plus aux bienfaits de la globalisation.  

Dans ce contexte, comment ne pas voir qu’il est urgent pour la France de se préoccuper de la maîtrise de ses ressources naturelles, dans un monde devenu non coopératif, alors qu’elle dépend à 99% de ses importations pour se fournir en pétrole et à 99,7% pour se fournir en métaux ?

Comment enfin passer sous silence que 80% de nos emplois dépendent, de manière directe ou indirecte, de la nature ? Et que la guerre économique est déclarée pour les industries moins polluantes et moins émettrices. La Chine l’a bien compris, elle qui développe à marche forcée ses filières industrielles vertes. 

Vous le voyez, écologie rime aujourd’hui avec production, pouvoir d’achat, guerre économique, sauvegarde des emplois et, plus profondément souveraineté, et puissance des Nations. 

C’est pour ces raisons que la transition écologique est notre avenir à tous et qu’elle est l’inévitable solution. 

Face à cette urgence, la tentation du « à quoi bon » est forte. Je le sais. 

D’un côté, l’éco-anxiété peut paralyser. Paralyser nos jeunes, qui ont grandi avec la crainte que l’affaire serait déjà jouée. 

De l’autre côté, je vous l’ai dit : les populistes font de la transition écologique le bouc-émissaire de tous nos maux. Leur posture est indigne. Criminelle. Irresponsable. 

Ceux qui combattent l’écologie, combattent les Français

Ils voudraient nous faire croire que c’est déjà trop tard. Que c’est aux autres pays de faire des efforts. Que ça ne sert à rien d’agir. Que ça ne marche pas. Mais là aussi : regardons les faits ! Rien que les faits ! 

Depuis le début des années 2000, la pollution de l’air a fortement diminué en France. Des espèces ont été sauvées de l’extinction. Nos émissions de gaz à effet de serre ont diminué de près d’un tiers depuis 1990, de 37% en Europe, et l’Accord de Paris a réduit le réchauffement climatique de plus d’un degré. 

Vous le voyez, l’action est possible. Nous avons la capacité de réussir. 

Mais, je ne suis pas naïve. Car l’écologie a souvent emprunté le chemin de la culpabilisation et de la bien-pensance. Elle a souvent été le prétexte pour désigner des coupables : les riches, les grandes entreprises, les pays étrangers pollueurs. Je vous le dis nettement : si nous voulons que la transition écologique fonctionne, si nous voulons qu’elle soit à la hauteur, elle doit reposer sur deux jambes. Deux impératifs.

  • D’abord, l’écologie doit être populaire

L’été dernier, dans la semaine d’entre-deux tours, j’ai effectué 80 kilomètres de porte-à-porte à pied dans ma circonscription. J’ai mesuré combien le mot « écologie » était devenu repoussoir pour des citoyens habitants dans la ruralité. 

Pourtant, de quoi me parlaient-ils ? De qualité de l’eau, de qualité de l’alimentation, de qualité de l’air… 

Ils me parlaient aussi de la colère qu’ils ressentaient face à des paysages salis par des décharges sauvages ou des ruisseaux saccagés par la pollution. 

Au fond, de quoi me parlaient-ils ? D’écologie. 

Nous devons bâtir une écologie qui réponde aux préoccupations du quotidien des Français. Une écologie qui offre des bénéfices individuels. Tangibles. Egoïstes.

L’écologie populaire, c’est d’abord celle qui assure la sécurité des Français. Qui les protège face aux risques naturels. C’est tout l’enjeu du Plan national d’adaptation au changement climatique que je publierai dans les prochaines semaines. 

Concrètement, j’ai demandé à mes services d’accompagner 100 intercommunalités, comme Douai, Niort, ou Chamonix, pour qu’elles puissent disposer, d’ici la fin de l’année, d’un diagnostic et d’une feuille de route. Et je lancerai, dès cette année, le financement des projets correspondants que ce soit en territoires montagneux, en bordures de littoral ou en outre-mer. 

Pour les zones littorales justement, je veux que nous disposions, d’ici la fin d’année 2025, d’un dispositif d’accompagnement et de financement clair et unique pour les protéger de la submersion marine et du recul du trait de côte. C’est une demande forte des élus. 

Par ailleurs, je lancerai une mission de préfiguration d’une réserve citoyenne pour la prévention des risques et la gestion de crise. Cela permettra d’avoir des sentinelles prêtes sur le terrain pour affronter les catastrophes naturelles, en complément des forces de secours. 

Enfin, je soutiendrai l’inscription de la proposition de loi de la sénatrice Lavarde, votée au Sénat, visant à assurer l’équilibre du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles. Et je ferai évoluer, avec mon collègue Eric Lombard, Ministre de l’Economie et des Finances, notre modèle assurantiel dans le contexte du dérèglement climatique en m’appuyant sur les travaux menés ces dernières années. Car il est inacceptable que des communes ou des particuliers ne puissent plus s’assurer, et il est essentiel d’impliquer les assurances dans le financement de la prévention. 

L’adaptation au changement climatique, c’est aussi s’adapter à la raréfaction des ressources naturelles, comme l’eau. C’est pourquoi, en 2025, je poursuivrai le déploiement du « Plan eau » et je porterai trois ambitions complémentaires, dans le droit fil de ce qu’a annoncé le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale. 

La première, c’est d’assurer un meilleur partage de la ressource en eau. Cela nécessitera, d’abord, de définir une doctrine sur le stockage d’eau et de recenser les projets prioritaires. En s’accordant, évidemment, au niveau de chaque bassin, entre tous les usagers de l’eau. J’engagerai également un nouvel exercice pour aller plus loin dans la réutilisation de l’eau en m’appuyant sur les expériences espagnole et israélienne. 

Ma deuxième ambition, c’est de publier enfin notre feuille de route sur la qualité des eaux de captage, qui est attendue des professionnels. Je la complèterai, en réponse aux préoccupations des pêcheurs et conchyliculteurs, d’un plan de sécurisation de la qualité des eaux littorales pour protéger leurs activités.

Ma troisième ambition visera à travailler bassin par bassin à un plan pour traiter de la ressource en eau à horizon 2050. Ce plan abordera les questions de gouvernance, de financement et de régulation des petit et grand cycles de l’eau face au dérèglement climatique.

L’écologie populaire, c’est aussi celle qui protège et améliore le cadre de vie. Celle qui agit en faveur de la biodiversité. A cet effet, je reprioriserai la stratégie nationale sur la biodiversité de 2023 en fonction des moyens financiers qui lui seront allouées pour ne pas les disperser. 

J’engagerai d’abord un plan pour faire face aux espèces invasives qui fragilisent nos écosystèmes et nuisent à notre biodiversité. Je pense, par exemple, au moustique-tigre ou au frelon asiatique. 

Je poursuivrai aussi le travail de labellisation de nouveaux territoires placés sous protection forte, dans le cadre de la planification maritime que j’annoncerai au premier semestre. 

Enfin, dans le prolongement des travaux menés sur les crédits biodiversité, je veux mobiliser massivement les financements privés. Pour cela, je rencontrerai, dans les prochains jours, les acteurs qui sont prêts à porter et financer des projets de protection et de restauration de la nature. 

Et puis, l’écologie populaire, je risque de faire hurler certains habitués des plateaux télés, c’est aussi les ZFE, le ZAN, le DPE. Alors, bien sûr, ils ne sont pas parfaits. Bien sûr, des aménagements locaux sont nécessaires. Pour ne pas pénaliser certains Français, en particulier les plus modestes. Et j’y serai très attentive. 

Je travaillerai avec les ministres concernés à simplifier lorsque cela est utile et mieux accompagner les acteurs concernés. Mais je ne renoncerai pas. Car là aussi, regardons les faits. Juste les faits. 

Derrière les ZFE, il y a l’amélioration de la qualité de l’air. Il y a la baisse des maladies respiratoires, les bronchiolites des bébés, les asthmes des enfants. Les ZFE, c’est 3 000 morts évités par an, évidemment parmi les plus précaires.

Derrière le ZAN, il y a la lutte contre l’artificialisation des sols qui est la cause, je le rappelle, d’inondations qui font de plus en plus de dégâts, d’îlots de chaleurs plus intenses en période de canicule et de sols morts pour la biodiversité. C’est aussi la destruction de notre surface agricole utile et, partant, la mise en danger de notre souveraineté alimentaire. 

Et derrière le DPE, il y a une réalité de pouvoir d’achat : vivre dans une passoire thermique G, c’est la double peine. C’est payer une facture trois fois supérieure, tout en ayant un confort bien inférieur que dans un logement standard. Je le redis avec force : la loi n’a jamais interdit la location. Elle donne simplement le droit aux locataires de demander une baisse de loyer tant que les travaux ne sont pas faits. 

Alors oui, j’assume : derrière chacun de ces acronymes, il y a une ambition populaire ! Et c’est pour cela aussi que je tiens au maintien du leasing social, du bonus sur les voitures et de Ma Prime Renov’. 

Sur le ZAN, je lancerai une mission avec mes collègues Eric Lombard et François Rebsamen sur les pistes permettant qu’il soit moins difficile et moins coûteux de réaménager une zone déjà artificialisée par rapport à une zone naturelle. 

Plus largement, je poursuivrai les échanges et le travail sur le ZAN avec les parlementaires. Car ce qui est en jeu, c’est la reconquête de ce que certains appellent la « France moche ».

Sur les ZFE, aux côtés de mes collègues du pôle « Aménagement du territoire et Décentralisation », – je dis tous mes collègues car ils sont tous concernés à un titre ou à un autre – je ferai le tour des 40 collectivités concernées par sa mise en œuvre. Pour les écouter et les aider à aménager, avec pragmatisme, les réglementations. Pour permettre une application plus juste et plus efficace des ambitions portées localement. 

Sur le DPE, je soutiendrai, avec ma collègue Valérie Létard, la proposition de loi portée par le député Marchive. Elle apporte des réponses utiles aux copropriétaires qui souhaitent rénover leurs logements. 

Plus largement, je proposerai au Premier Ministre de lancer une mission prospective de référence. Une mission sur le modèle de celle qui avait été confiée à l’économiste Jean Pisani-Ferry sur le financement de la transition écologique. Une mission pour caractériser, économiquement et socialement, la fracture écologique qui s’installe dans notre pays et les nouvelles formes de précarité qui y sont attachées

  • La deuxième condition de succès est que la transition écologique soit conçue comme un levier de renforcement de notre souveraineté. 

Je l’ai dit. 

Derrière l’écologie, il y a l’enjeu de l’accès aux ressources. L’accès aux biens communs. Aux métaux critiques. Tous de plus en plus rares. Tous soumis à une concurrence féroce. 

Si nous ne voulons pas être relégués dans la course, cela se prépare dès maintenant.

Malheureusement, aujourd’hui, notre pays n’est pas prêt. 

Il est donc urgent d’agir, à la fois pour décarboner notre économie, développer nos filières économiques stratégiques et pallier nos dépendances. 

Décarboner notre économie, d’abord. Nous avons entamé un important travail en la matière, secteur par secteur, levier d’action par levier d’action. 

C’est la stratégie nationale bas-carbone que je publierai d’ici l’été et qui permettra de fixer le cap. Car rien n’est acquis. Nous l’avons vu au troisième trimestre 2024, avec la hausse de 0,5% de nos émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi je réunirai, secteur par secteur, avec les ministres concernés, les acteurs économiques pour analyser nos performances récentes et travailler à des mesures correctives rapides. 

Développer nos filières économiques stratégiques ensuite. 

D’abord, sur les forêts et la filière bois. 

Je continuerai à accompagner les forestiers pour prévenir les crises et réparer leurs conséquences en protégeant notre puits de carbone naturel. 

Mon objectif sera également de soutenir le développement de la filière bois, au moyen de dispositifs dédiés. Car rien ne justifie que nous importions plus que nous exportions. 

Autre filière essentielle : celle des produits de la mer, pêche comme aquaculture et algoculture. Alors que notre pays dispose de la deuxième zone économique exclusive au monde, 70% des produits de la mer que nous consommons sont importés.

C’est un problème majeur pour les acteurs de la mer. Un problème majeur pour les Français que je sais soucieux de soutenir leurs pêcheurs. Un problème majeur pour notre souveraineté alimentaire. 

C’est pourquoi je signerai, dans les prochaines semaines, un contrat stratégique de filière en lien avec les régions et les acteurs économiques. Avec l’ambition de réduire notre dépendance, de mieux valoriser la pêche et l’aquaculture, et de moderniser notre flotte. Il me servira de boussole pour les négociations européennes et post-Brexit à venir. 

Plus largement, je souhaite mettre à l’honneur les acteurs de l’économie bleue lors du prochain sommet « Choose France », ainsi qu’au forum des affaires de Monaco qui se tiendra en marge de la Conférence des Nations-Unies sur les Océans. 

Ce sommet, que notre pays organise et accueille à Nice, en juin, a été voulu par le Président de la République. Il vise à engager tous les pays du monde dans la protection de nos océans face aux pollutions et aux prédations économiques. C’est ainsi l’occasion de porter un agenda ambitieux sur les pollutions plastiques, la pêche illégale, la protection de zones particulièrement riches en biodiversité ou de rappeler notre position de fermeté sur l’exploitation des fonds marins. C’est encore l’occasion de rappeler l’importance de l’action régalienne de l’Etat en mer. 

Décarbonation de nos secteurs les plus émetteurs, développement des filières stratégiques et, enfin, actions pour pallier nos dépendances. 

Deux dépendances sont particulièrement nocives pour notre pays : la dépendance aux énergies fossiles et la dépendance aux matières premières. Elles nous fragilisent et nuisent à notre compétitivité. 

En matière d’énergie, je publierai avec mes collègues Eric Lombard et Marc Ferracci, au début du deuxième trimestre, la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie que j’ai lancée l’année dernière. Une stratégie qui visera, d’ici 2035, à réduire d’1/3 notre dépendance aux énergies fossiles au bénéfice du nucléaire, des énergies renouvelables, notamment la géothermie et l’hydraulique. La sobriété énergétique sera également une de mes priorités en la matière. 

Face à nos dépendances en matières premières, je souhaite accélérer la mise en place d’une économie plus circulaire, créatrice d’emplois dans nos territoires. 

Première ambition : les matières plastiques, sources de pollution majeure et sur lesquelles les performances de la France sont insuffisantes. Aujourd’hui, nous n’atteignons pas nos objectifs et cela nous coûte 1,5 Milliards d’euros. 

C’est pourquoi je lancerai, en 2025, la filière des emballages industriels et commerciaux. Je travaillerai aussi avec les collectivités locales pour passer un cap en matière de tri de nos déchets.

Par ailleurs, en tant que ministre de l’Industrie, j’ai été à l’origine du « Critical Raw Materials Act » européen. Je souhaite décliner concrètement ce règlement en augmentant le réemploi puis le recyclage de biens de consommation à l’image des batteries électriques, des produits électriques et électroniques, des emballages industriels, etc.  

Enfin, réduire nos dépendances, c’est rendre notre consommation plus durable. En 2025, je souhaite diffuser l’affichage environnemental sur les vêtements et l’alimentation, et je soutiendrai la lutte contre l’ultra fast-fashion.

Dans ces différentes politiques il y a un fil rouge : la sobriété. Sobriété en eau, sobriété foncière, sobriété en énergie et en matière premières. 

Je veux faire de cette politique de sobriété un des leviers les moins coûteux et les plus efficaces pour renforcer notre résilience et assurer notre indépendance. 

Tous ces défis supposent des investissements massifs. 

Je ne vais pas revenir sur les combats que j’ai portés et les arbitrages que j’ai gagnés : Fonds Chaleur, Fonds Barnier, décarbonation de l’industrie, Fonds Vert. 

Dans un monde où les ressources financières publiques sont rares, il faut aller chercher l’argent là où il est et construire des partenariats – avec les collectivités locales, avec l’Union européenne et avec les entreprises. Je soutiendrai à cet effet le déploiement de nouveaux outils innovants – comme les crédits biodiversité ou le label bas carbone.

Je mobiliserai également la Caisse des dépôts à qui j’ai demandé, avec mon collègue Eric Lombard, de renforcer son engagement financier dans la transition écologique en 2025. Des propositions nous ont été faites et nous conclurons dans les tout prochains jours. 

Ces différents défis, ils nécessitent également de simplifier drastiquement nos méthodes de travail. 

Qui peut croire que je n’enrage pas de ne pas réaliser plus vite des projets d’énergies renouvelables ou des travaux d’adaptation du fait des normes écologiques de mon propre ministère ? 

Il faut un juste équilibre entre normes et action. Nous devons passer d’une logique de moyens à une logique de résultat. C’est cela qui doit nous guider. Rien d’autre. 

C’est pourquoi j’ai demandé à mes équipes d’élargir à l’ensemble des thématiques de mon portefeuille ministériel le « TGV administratif » que j’avais mis en place il y a un an pour les projets d’énergies renouvelables. 

C’est également pour cela que j’assume d’avoir engagé une mission pour renforcer les actions et l’impact de mon ministère et de mes opérateurs dans un contexte général hostile à la transition écologique. 

Nous devons améliorer nos organisations. Il s’agit d’instruire plus vite et plus pragmatiquement, en conservant des ambitions environnementales élevées. Il s’agit d’utiliser des outils modernes à notre disposition. Je pense notamment à l’intelligence artificielle. 

Il s’agit de nous équiper, sans naïveté, pour lutter contre les fausses informations sur l’écologie, qui sont propagées par les populistes et les lobbies de tous bords, que nos politiques dérangent. 

Enfin, si nous voulons réussir la transition écologique, il faudra porter un discours international plus offensif encore. J’ai évoqué l’UNOC qui sera un moment majeur pour notre pays. 

L’année 2025 sera aussi celle des 10 ans de l’Accord de Paris et l’année de la COP 30 de Belem. Des moments cruciaux, décisifs, dans lesquels la voix de notre pays est plus qu’attendue. 

Une voix pour ne rien céder face à ceux qui voudraient nous faire reculer. 

Une voix pour porter les ambitions et les valeurs européennes, comme l’a fait constamment le Président de la République depuis sept ans. 

Une voix pour faire respecter le droit international et pour lutter avec détermination contre toutes les formes de concurrence déloyale.

Une voix qui appelle à une ambition renouvelée pour l’Europe, à un réveil de notre puissance commune, à une audace renforcée dans l’action. Être pragmatique et agile, être offensif et ambitieux, c’est le meilleur service que nous pouvons rendre aux Européens face aux risques géopolitiques. 

Mesdames et Messieurs, 

Vous l’avez compris, l’écologie est un enjeu de puissance, de souveraineté, d’emplois et de cohésion sociale. C’est aussi un levier clé pour améliorer le quotidien de nos compatriotes.

Les Françaises et les Français sont plein de ressources. Et la France dispose d’atouts puissants. 

Nous avons une méthode qui fonctionne : la planification. 

Nous avons des agents publics engagés. Qui, malgré les critiques et les caricatures, continuent d’agir chaque jour sur le terrain. 

Et je tiens à saluer l’ensemble des agents de mon ministère, en administration centrale, dans nos services déconcentrés et chez nos opérateurs. J’adresse un salut tout particulier aux agents de l’OFB et de l’ADEME qui ont été injustement attaqués. Je n’accepterai jamaisjamais, que l’on mette des cibles dans le dos d’agents publics. Ceux qui le font me trouveront sur leur chemin.

Et j’adresse un coup de chapeau à l’expertise de tous ceux qui travaillent sans relâche sur la transition écologique. A l’image de ce lieu ; lieu de culture, de savoir et de prospective scientifique. Et je remercie le Muséum d’Histoire Naturelle de nous accueillir ce matin dans ce lieu exceptionnel. 

Chers amis, notre pays a toujours été à l’avant-garde des grands combats du monde. Des grandes avancées scientifiques. Des grandes victoires. Alors, ne renonçons pas. Et peu importe la difficulté de la période, vous pourrez compter sur moi !

Je vous souhaite tous mes vœux pour l’année 2025. Ensemble, nous réussirons !

Dans l’oeil de l’Usine Nouvelle