J’étais convaincue que sans nucléaire, l’Europe se condamne à rester dépendante des énergies fossiles.

Ursula von der Leyen l’a reconnu aujourd’hui au Sommet sur l’Énergie Nucléaire : « Lorsque l’Europe a fait le choix de réduire la part du nucléaire dans son mix énergétique, ce n’était pas la bonne décision. » Cette position enfin portée au plus haut niveau de l’Union européenne est le fruit de huit années de combat aux côtés du Président de la République.
Un combat que je n’ai cessé de porter parce que j’étais convaincue d’une chose simple : sans nucléaire, l’Europe se condamne à rester dépendante des énergies fossiles : elles représentent encore aujourd’hui 70% de son approvisionnement (60% en France).
J’étais convaincue que c’était une condition pour bâtir une Europe puissance et une France robuste. Et un outil indispensable pour lutter contre le dérèglement climatique. Mais ce combat n’a pas été un chemin semé de roses.
Souvenons nous d’où nous venons.
Pendant longtemps, le nucléaire était marginalisé dans les débats européens. Avant l’engagement porté par la France, sa reconnaissance était tout simplement inenvisageable.
J’ai lancé l’Alliance européenne du nucléaire début 2023 avec une dizaine d’États membres. Une alliance qui a permis de remettre enfin le nucléaire dans la salle du Conseil européen, sans qu’on ait besoin de s’excuser.
Aujourd’hui, les choses ont changé du tout au tout. Le nucléaire est pleinement reconnu au niveau européen comme une énergie essentielle pour atteindre nos objectifs climatiques et garantir notre souveraineté énergétique.
La déclaration d’Ursula von der Leyen est importante parce qu’elle met des mots sur une réalité que nous constatons aujourd’hui : notre dépendance aux énergies fossiles nous fragilise.
Les tensions géopolitiques dans les régions productrices de pétrole et de gaz, comme celles que nous observons aujourd’hui au Moyen-Orient, rappellent à quel point notre sécurité énergétique reste exposée parce que nous importons 99% de nos énergies fossiles.
Tant que cette situation perdurera, chaque crise se traduira par une facture plus élevée. Car les empires des énergies fossiles prospèrent sur une chose : notre dépendance.
Alors, ne tombons pas dans le jeu des pays producteurs d’énergies fossiles. Qui est pourtant la logique que pousse le Rassemblement national lorsqu’il préfère surtaxer l’électricité nucléaire produite en France plutôt que le gaz fossile importé, notamment de Russie.
La véritable réponse à cette dépendance, c’est l’énergie décarbonée. Et pour la produire, deux piliers sont essentiels : le nucléaire et les renouvelables.
À la clé, ce sont des dizaines de milliers d’emplois industriels en France et des dizaines de milliards d’euros d’importations d’énergies fossiles évitées qui pèsent aujourd’hui sur notre balance commerciale.
En France, nous avons un atout considérable : nous sommes l’un des pays qui produisons le plus d’électricité nucléaire au monde.
Face à cette situation géopolitique, nous devons donc redoubler d’efforts pour défossiliser notre système énergétique et remplacer le pétrole et le gaz que nous importons et consommons massivement par de l’électricité que nous produisons.