Gaz et électricité : il faut se mettre dans le scénario du pire car il existe

Perspective d’un embargo sur le pétrole russe, menaces d’une coupure de leur gaz, grande tension sur le marché de l’électricité… Je réponds aux questions de Bertille Bayart, Emmanuel Egloff et Cécile Crouzel pour analyser les conséquences de la crise énergétique. L’occasion de rappeler pourquoi je crois à la nécessité de bâtir une France robuste et souveraine dans une Europe qui assume sa puissance face à la Russie.
Extraits :
« Ce qui est inquiétant, c’est d’abord la situation sur le front climatique. Ce qui est historique, c’est le paquet climat européen adopté, au bout de la nuit, le 29 juin. Ce texte est extrêmement structurant et engage, pour la France et l’Europe, un rythme d’action inédit. Enfin, la crise ukrainienne et russe nous impose un cas pratique immédiat : comment faisons-nous pour ne plus dépendre au plus vite des énergies carbonées, et pour reprendre la maîtrise de notre production et de notre consommation d’électricité.
L’hiver prochain sera critique ?
Je suis d’une vigilance extrême. Il faut se mettre dans le scenario du pire, car il existe. À tout moment, la Russie peut interrompre totalement ses livraisons de gaz. Face à ce risque, nous agissons, en diversifiant nos sources d’approvisionnement en gaz, en augmentant nos capacités avec le projet de terminal méthanier flottant au Havre, et en accélérant le stockage. Du côté de la production électrique, l’arrêt de douze réacteurs nucléaires affectés par des problèmes, inattendus, de corrosion, crée une contrainte. Il faut donc maintenir la plus grande exigence sur l’agenda de maintenance des autres centrales du parc.
Mais faut-il se préparer à des rationnements, à une économie de guerre?
Mais nous sommes de toute façon dans une économie de guerre ! Cela implique-t-il des rationnements ? Pas forcément. Cela nous oblige, dans le cadre de notre ambition, de faire de la France le premier grand pays industrialisé à sortir des fossiles, à la sobriété. L’efficacité énergétique, nous avions commencé, mais il faut poursuivre et accélérer les efforts, par exemple dans l’isolation thermique. La sobriété, c’est un changement complet de nos comportements, pour nous chauffer, pour nous déplacer, pour produire. Et c’est la clef pour ne pas être dans la main d’un ennemi géopolitique. » […]
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