Grève des médecins : « Il est de notre responsabilité d’assurer le financement de notre système de santé », rappellent des députés EPR

Les syndicats de médecins ont « suspendu » vendredi leur mouvement de grève après avoir obtenu des engagements du gouvernement. Celui-ci renonce notamment aux mesures permettant d’imposer des baisses de tarifs aux praticiens, et abandonne la possibilité de rendre obligatoire la mise sous objectif des médecins surprescripteurs d’arrêts de travail
Depuis le 5 janvier, de nombreux médecins libéraux sont en grève dans notre pays. Ce mouvement social, peu habituel chez ces professionnels de santé, exprime un mécontentement à l’encontre de la politique gouvernementale de santé et de certaines dispositions votées dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
Notre système de santé n’a jamais connu autant de défis à relever, qu’il s’agisse du vieillissement de la population, de la hausse des maladies chroniques ou de la pénurie de soignants sur de nombreux territoires. Pour y répondre, chaque jour, la médecine libérale offre un accès rapide à des soins de qualité dispensés par des médecins engagés au service de leurs patients.
Pour autant, la mobilisation actuelle ne peut faire l’économie d’un rappel des avancées concrètes déjà obtenues ces dernières années. La réforme du troisième cycle des études de médecine et l’introduction du statut de docteur junior en médecine générale ont répondu à un besoin de professionnalisation progressive à l’exercice libéral sur l’ensemble du territoire, l’apparition du dossier médical partagé a permis aux médecins d’améliorer le suivi de leurs patients, le recrutement de près de 9 000 assistants médicaux a soulagé les médecins de certaines tâches administratives, tandis que l’accès direct à certains professionnels ou produits de santé, comme les infirmières permettent aux médecins de retrouver du temps médical pour traiter les cas plus complexes. Le système d’organisation des soins de ville a été repensé grâce au développement de structures de soins coordonnées comme les communautés professionnelles territoriales de santé qui permettent de faciliter la coordination des professionnels.
« La rémunération des médecins doit être abordée, sans tabou »
Sur le plan financier, la Convention médicale 2024-2029, signée après de longues négociations, conforte la médecine libérale avec un engagement financier de l’Assurance maladie à hauteur de 340 millions d’euros. Elle acte la revalorisation de nombreuses consultations, avec un ciblage sur certaines spécialités à fort enjeu de santé publique. Quant à l’objectif national de dépenses d’assurance maladie, il est en constante augmentation. Cette année encore, il a été relevé de plus de 3 %. Grâce à ces évolutions, le temps médical nécessité par certaines prises en charge est donc mieux reconnu aujourd’hui.
Ces progrès sont réels. Les nier serait injuste. Ils représentent un effort financier significatif sur le budget de la Sécurité sociale et traduisent un indéfectible soutien à la médecine de ville.
L’inquiétude concerne aussi le sujet récurrent des dépassements honoraires, qui représentent 4,5 milliards d’euros par an et dont tous les rapports évoquent une constante augmentation en volume. La rémunération des médecins doit donc être abordée, sans tabou. Nous devons nousassurer que leurs revenus concilient égalité d’accès aux soins et attractivité de l’exercice.
La médecine de ville est au coeur de notre paysage médical depuis des décennies. L’efficacité des politiques de santé qui la concernent repose sur une construction avec celles et ceux qui les appliquent au quotidien. Assurer l’accès et l’équité aux soins de manière durable ne peut se faire contre les médecins libéraux. Mais il est de notre responsabilité collective d’assurer la soutenabilité du financement de notre système de santé.
Le Gouvernement et les parlementaires sont à l’écoute des praticiens. Le dialogue et la recherche de solutions concertées sont les clés qui permettront d’assurer la qualité des soins auxquels nos concitoyens sont attachés.
Nicole Dubré-Chirat, députée de la 6ème circonscription du Maine-et-Loire ; Jean-François Rousset, député de la 3ème circonscription de l’Aveyron ; Eric Bothorel – député de la 5ᵉ circonscription des Côtes-d’Armor ; Stéphane Buchou – député de la 3ᵉ circonscription de la Vendée ; Vincent Caure – député de la 3ᵉ circonscription des Français établis hors de France ; Nathalie Coggia – députée de la 5ᵉ circonscription des Français établis hors de France ; Camille Galliard-Minier – députée de la 1ʳᵉ circonscription de l’Isère ; Anne Genetet – députée de la 11ᵉ circonscription des Français établis hors de France ; Brigitte Klinkert – députée de la 1ère circonscription du Haut-Rhin ; Daniel Labaronne – député de la 2ᵉ circonscription d’Indre-et-Loire ; Amélia Lakrafi – députée de la 10ᵉ circonscription des Français établis hors de France ; Michel Lauzzana – député de la 1ʳᵉ circonscription de Lot-et-Garonne ; Didier Le Gac – député de la 3ᵉ circonscription du Finistère ; Christine Le Nabour – députée de la 5ᵉ circonscription d’Ille-et-Vilaine ; Nicole Le Peih – députée de la 3ᵉ circonscription du Morbihan ; Sandra Marsaud – députée de la 2ᵉ circonscription de la Charente ; Denis Masséglia – député de la 5ᵉ circonscription de Maine-et-Loire ; Joséphine Missoffe – députée de la 15ᵉ circonscription de Paris ; Christophe Montgardien – député de la 9ᵉ circonscription des Hauts-de-Seine ; Agnès Pannier-Runacher – députée de la 2ᵉ circonscription du Pas-de-Calais ; Franck Riester – député de la 5e circonscription de la Seine-et-Marne ; Véronique Riotton – députée de la 1ère circonscription de Haute-Savoie ; Bertrand Sorre – député de la 2ᵉ circonscription de la Manche ; Liliana Tanguy – députée de la 7ᵉ circonscription du Finistère ; Stéphane Travert – député de la 3ᵉ circonscription de la Manche ; Prisca Thevenot – députée de la 8e circonscription des Hauts-de-Seine ; Annie Vidal – députée de la 2ᵉ circonscription de la Seine-Maritime ; Corinne Vignon – députée de la 3e circonscription de la Haute-Garonne ; Christopher Weissberg – député de la 1ʳᵉcirconscription des Français établis hors de France.