Négociations autour d’un traité international sur la pollution plastique : déçue et doublement en colère.

La session de négociations d’un traité international contre la pollution plastique qui s’est déroulée en Suisse en août dernier a conduit à un nouvel échec. La France souhaitait déployer à l’international des mesures qui pour l’essentiel déjà mises en oeuvre en France et en Europe et dont nous savons qu’elles sont efficaces. C’est une grande déception et je n’ai pas caché ma colère dans l’entretien accordé à l’Usine Nouvelle. Extrait et explications :

« Au sortir des négociations avortées de Genève, vous vous êtes dit “déçue et en colère”. Pour quelles raisons ? 

Je suis déçue car j’avais réussi à réunir autour de la France une coalition de 95 pays qui prônaient un traité plastique ambitieux. C’est à dire un traité qui porte sur l’ensemble du cycle de vie du produit, qui soutienne l’écoconception, prévoit de réduire l’utilisation de matières chimiques problématiques, qui apporte des moyens de financement et qui soit évolutif. L’objectif étant évidemment de s’attaquer au niveau de production de plastique alors que les experts constatent que celle-ci a doublé ces 20 dernières années et devrait tripler d’ici à 2060 si rien n’est fait. Bâtir un traité qui ne porte que sur le tri, la collecte et le recyclage, c’est mettre un emplâtre sur une jambe de bois. Le plastique est un matériau qui n’est pas aisément recyclable à la différence du verre ou de l’aluminium. Et il n’y a pas de doute scientifique sur le bénéfice quasi immédiat qu’apporterait la mise sous contrôle de la pollution plastique. Se donner maintenant un objectif de baisse de la production permet de prendre en compte le temps d’adaptation des chaînes de valeur concernées. »

Retrouvez l’intégralité de cet entretien sur le site du magazine L’Usine Nouvelle.