La droite et l’extrême droite se servent de l’écologie pour attiser des peurs et fracturer le pays
Extrait
Alors que les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus durement sentir en France, j’ai répondu aux questions du quotidien Le Monde pour dénoncer les freins mis à la transformation du pays par un « populisme court-termiste » qui se retrouve jusqu’au sein du gouvernement. Extrait :
La France vient de traverser une canicule précoce alors que, pendant six mois, les attaques contre la transition écologique se sont multipliées. Que pensez-vous de ce paradoxe ?
Depuis quelques mois, la droite et l’extrême droite voudraient balayer tout ce qui a été construit avec le président de la République, Emmanuel Macron, en répétant que l’écologie est un danger. Hier, ils niaient le changement climatique. Aujourd’hui, ils s’en servent pour attiser des peurs et fracturer le pays. C’est du populisme, du court-termisme électoral déguisé en soi-disant « bon sens » qui protégerait les classes populaires et la ruralité.
En réalité, cela expose les Français aux dangers du changement climatique et affaiblit la position de la France face à nos fournisseurs de gaz et de pétrole qui ne sont pas toujours des Etats alliés, comme la Russie, les Etats-Unis, l’Algérie ou des pays du Moyen-Orient… Pourtant les Français attendent que nous agissions. Un comité interministériel sera organisé à la rentrée pour faire le point sur la mise en œuvre des 200 actions du plan national d’adaptation au changement climatique que j’ai présenté en mars.

Mais ces attaques contre l’écologie viennent aussi du gouvernement. Comment réagissez-vous à la tribune cosignée, jeudi 3 juillet dans « Le Figaro », par le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, qui réclame de « stopper le financement des renouvelables » ?
Cette tribune est absurde et dangereuse d’un point de vue industriel, économique, social, mais aussi géopolitique : la stratégie que propose Bruno Retailleau, finalement, c’est de faire des chèques à l’Algérie pour importer du gaz fossile tout en mettant par terre toute une filière de renouvelables. C’est de la petite politique. Dois-je rappeler que son groupe, Les Républicains, votait au Sénat à la quasi-unanimité, il y a deux ans, la loi d’accélération des énergies renouvelables ? C’est un calcul électoral perdant : à courir derrière le Rassemblement national, les Français préféreront toujours l’original à la copie. Surtout quand on pèse 7 % des votes aux législatives.
Retrouvez l’intégralité de cet article sur le site du quotidien Le Monde.