Renaissance, notre rentrée politique à Arras
Heureuse de vous partager le discours prononcé à l’occasion de notre rentrée politique.
Chers amis,
Bienvenue dans le Pas-de-Calais ! Bienvenue dans l’Arrageois !
Avant toutes choses, je voudrais te remercier, cher Gabriel, d’avoir choisi le plus beau département, et la plus belle ville de France, Arras, pour notre rentrée politique.

Mais Arras, vous le savez, c’est aussi un moment fort de notre histoire, un moment fondateur. C’est ici dans cette même salle, que le 26 avril 2017, Emmanuel Macron prononçait son discours d’entre deux tours. Un discours visionnaire où il nous alertait contre la montée des idées nationalistes et les risques de conflits qui en découlaient… C’était il y a 8 ans !
Avoir choisi le Pas-de-Calais, dans la période que nous vivons, n’est donc pas anodin. Cela nous rappelle le fondement de notre engagement politique.
En 2024, sur 12 circonscriptions, 10 sont tombées aux mains du RN, dont 6 dès le premier tour.
Vous êtes donc ici dans une terre de résistance, une terre de mission…
Bien peu d’ailleurs imaginaient que CETTE circonscription échapperait au raz-de-marée nationaliste.
Pourtant, malgré les coups bas opportunistes, malgré les 16 points de retard au premier tour… Mais surtout grâce aux militants du Pas-de-Calais conduits par Brigitte Bourguignon, grâce aux JAM de Théo Leriche, grâce à l’engagement de ma prédécesseuse Jacqueline Maquet, grâce à la détermination de ma suppléante Pauline Levasseur, mais surtout grâce à une formidable mobilisation des voix républicaines que je n’oublie pas : nous l’avons emporté !
Mais cette victoire est fragile. Elle doit nous obliger à regarder la réalité en face.
Dans cette circonscription à l’image de la France d’aujourd’hui, la majorité des communes vote à plus de 50% pour le Rassemblement national.
Quand j’ai fait 80 kilomètres de porte-à-porte dans l’entre-deux tours, qu’est-ce que les électeurs m’ont dit ?
Que s’ils votaient pour le RN, c’est parce que tous les autres partis étaient loin de leurs préoccupations.
Que s’ils votaient pour le RN, c’était parce qu’ils n’avaient pas le sentiment de pouvoir choisir leur vie et surtout, celle de leurs enfants après eux.
Alors, bien sûr il serait plus confortable de se dire que le vote RN c’est un vote nationaliste ou xénophobe. Mais ici, on a le sens du partage ; on s’engage ; on se dresse contre les inégalités.
Et ici, si on vote RN, c’est avant tout parce qu’on a le sentiment que ce sont les SEULS qui écoutent et que ce sont les SEULS qu’on n’a pas essayés.
Cette réalité, mes amis, il nous faut la regarder en face.
Il nous faut reprendre ce qui fait notre méthode et notre singularité dans le paysage politique.
Partir du terrain. Faire du porte-à-porte. Être là, sur les marchés, dans les foires, dans les fêtes, dans les cafés.
Être là où sont les gens, les écouter, échanger, dépasser les premières réactions.
Et entendre.
Combien de fois ai-je été accueillie avec un “ça va avec l’écologie” ? Pour certains, mon ministère rime avec élite, avec déconnexion et punitions.
Pourtant, souvent dans la même discussion, j’ai entendu les mêmes Français, me parler avec inquiétude de l’asthme de leurs enfants, de la qualité de l’eau, ou des inondations à répétition – et je sais combien tu t’es personnellement engagé sur ce sujet, cher Gabriel.
Oui, nos concitoyens veulent de l’écologie. Mais pas n’importe laquelle.
Une écologie qui part des préoccupations des Français. Une écologie populaire. Une écologie des solutions concrètes.
L’écologie qui protège et qui anticipe face aux catastrophes naturelles qui se multiplient.
L’écologie du panier de courses et des factures d’énergie, qui améliore le pouvoir d’achat.
Je crois aussi à une écologie qui renforce notre indépendance française et européenne.
Car comment ne pas voir que nous avons un gros problème quand nous dépendons pour notre pétrole à 99% de l’étranger.
Comment ne pas voir que réindustrialiser, décarboner et développer l’économie circulaire, vont de pair ? Que c’est notre meilleur levier pour réduire nos dépendances ? Et pour apporter une réponse sociale aux ravages de la mondialisation ?
Défendre cette vision ne doit pas rimer avec démagogie.
Je crois, plus que jamais, à la nuance et au besoin de modération dans notre société.
Camus disait que « l’équilibre exige un effort et un courage de tous les instants ». Comme il avait raison !
Oui, dans un paysage politique saturé d’outrances, de certitudes, de phrases choc sur les réseaux sociaux, la nuance est devenue suspecte.
Dans un champ médiatique structuré par la confrontation LFI-RN, on a réussi à nous faire croire que nous serions sommés de choisir un camp, de nous aligner ou de disparaître.
Et je veux vous le dire : nous ne ferons NI l’un, NI l’autre.
Regardez l’AME. Malgré tous les avis médicaux, malgré le rapport Stéfanini –pas un dangereux gauchiste – qui ne propose que des ajustements à la marge, certains continuent de prétendre que, pour être un bon patriote, il faudrait supprimer ce dispositif.
Tant pis pour les conséquences sanitaires ! Tant mieux pour Cnews !
Regardez les véhicules électriques. Ici, dans les Hauts-de-France, à force d’efforts, d’investissements, NOUS avons créé la Vallée européenne de la batterie. Des milliers d’emplois à la clé. Mais, au lieu de nous soutenir dans ce combat difficile, les populistes préfèrent propager des fake news sur l’électrique.
Tant pis pour le climat, tant pis pour les emplois… et tant mieux pour les Chinois !
Nous tous, ici, si nous sommes là, c’est parce que nous croyons, comme Raymond Aron, à la radicalité de la nuance.
Oui, ici, nous croyons qu’il est possible, dans une même phrase, de défendre le droit d’asile et, en même temps, la lutte contre l’immigration illégale.
Le nucléaire et, en même temps, le développement des énergies renouvelables.
L’agriculture française et, en même temps, la protection de la nature.
La lutte pied à pied avec l’antisémitisme, et en même temps, la reconnaissance de l’Etat d’Israël.
L’état de droit et, en même temps, la fermeté contre l’insécurité.
C’est cela notre singularité ! Et nous devons continuer de la défendre bec et ongles !
Chers amis, l’époque actuelle appelle, plus que jamais, au dépassement politique.
Je dirais même plus : si nous voulons éviter l’abîme, nous n’avons pas d’autre choix que le dépassement politique.
En rentrant au Gouvernement de Michel Barnier, il y a un an, avec des personnalités avec qui – ce n’est une surprise pour personne – je n’étais pas d’accord sur beaucoup de choses, je savais que je prenais un risque : celui de me perdre.
Mais je sais pourquoi je l’ai fait. Pour défendre NOS convictions. Pour défendre NOTRE bilan.
Car depuis sept ans, nous avons beaucoup fait : sur le chômage, sur la réindustrialisation, sur l’emploi des jeunes, sur les femmes, sur l’écologie, sur l’Europe, sur la scène internationale et pour protéger les Français face à des crises inédites… Tout ça, c’est le Président de la République ! C’est nous ! C’est notre bilan ! Soyons en fiers ! Et défendons-le ! Car personne ne le défendra pour nous !
Mais reconnaissons aussi que beaucoup reste à faire. Nous devons être lucides. Nous devons être capables, comme l’a dit notre nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, de ruptures sur la forme, mais aussi sur le fond.
Regardez les débats autour de notre modèle social. Nous avons le modèle le plus redistributif au monde et, pourtant, qu’observe-t-on ? Une concentration des salaires au niveau du SMIC, un décrochage croissant entre rémunération du travail et du capital. Ce n’est pas acceptable !
Alors, soyons courageux. Ecoutons ce que nous disent les Français avec force. Ayons le courage de revoir en profondeur la répartition de l’effort dans notre modèle social.
Pour cela, en responsabilité, nous devons continuer à travailler avec les Républicains. Mais, eux aussi, doivent revoir leur méthode car on ne peut pas avoir 8 ministres DEDANS au gouvernement et avoir la moitié des députés DEHORS quand il faut voter la confiance.
Nous devons aussi continuer de tendre la main au Parti socialiste. Mais là aussi il appartiendra à CHACUN de prendre ses responsabilités car il est bien plus confortable de critiquer depuis l’opposition, que de construire des compromis qui supposent des concessions.
Nous avons une grande responsabilité dans cette configuration où les forces politiques sont éparpillées.
Et cela signifie que nous devons assumer nous aussi des concessions. C’est un petit prix à payer pour ne pas abandonner l’essentiel.
Alors, mes chers amis : faisons toutes et tous en sorte que les 20 prochains mois soient utiles aux Français !
Nous n’avons pas à rougir de qui nous sommes !
Nous n’avons pas à rougir de ce que nous sommes !
Nous n’avons pas à rougir de notre bilan !
Et surtout nous n’avons pas à rougir de notre ambition pour le pays !
Nous sommes le camp de l’espoir !