« Ils se sont battus pour l’aide à mourir »

Le Parisien – Mercredi 15 juin 2026

Charles Biétry, Agnès Pannier-Runacher… Malades ou après la perte d’un proche, ils se sont engagés pour la légalisation de l’accompagnement en fin de vie, qui doit être adoptée ce mercredi.

« ELLE M’A DIT : JE COMPTE SUR TOI POUR CETTE LOI »

Agnès Pannier-Runacher, 52 ans, députée et dont la tante est morte d’un cancer

Elle n’a jamais caché ses convictions. Macroniste de l’aile gauche, ancienne ministre de l’Industrie, de la Transition écologique, aujourd’hui députée (Renaissance) du Pas-de-Calais, Agnès Pannier-Runacher expliquait dès 2021, aux premiers jours du débat en France, qu’elle était « favorable à une loi pour accompagner les gens en fin de vie en France ».

Ce mercredi, elle n’hésitera pas une seconde avant de voter en faveur du texte alors que, même dans son camp politique, le sujet divise. « C’est un enjeu de justice, de dignité humaine et d’égalité devant la mort », explique Agnès Pannier-Runacher. « Il faut arrêter de considérer le patient comme un enfant dépourvu de capacité à prendre une décision relative à lui-même. Cette décision grave lui appartient. Je trouve qu’il y a une forme de violence à vouloir imposer cette souffrance à des gens qui font ce choix, l’assument et ne l’imposent à personne », poursuit-elle.

Directrice de cabinet de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris de 2003 à 2006, elle se forge d’abord une opinion en se rendant compte des aléas de l’application de l’actuelle loi Claeys-Leonetti de 2016 (qui autorise l’arrêt des traitements, de l’hydratation et la sédation profonde et continue jusqu’à la mort). Elle constate que cette décision fait partie du « quotidien de l’hôpital », dit-elle. Mais c’est surtout « la longue maladie de [sa] tante », nous confie-t-elle, « grande militante, engagée politiquement, féministe, aux côtés d’Antoinette Fouque (figure historique du Mouvement de libération des femmes) dans le sud de la France », qui a scellé son engagement sur le sujet.

Pour Agnès Pannier-Runacher (ici en janvier 2025), qui a perdu sa tante d’un cancer, « il faut arrêter de considérer le patient comme un enfant dépourvu de capacité à prendre une décision relative à lui-même ».

« Elle a affronté un cancer avec un appétit vivace et une combativité extraordinaire. On lui donnait six mois, elle a tenu trois ans », explique la députée. Quelques heures avant sa mort, le 16 décembre dernier, elle a appelé sa nièce, qu’elle considère comme sa fille. « Je compte sur toi pour cette loi », lui a-t-elle lancé.

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