Traité plastique : ne pas laisser un petit nombre de pays tout bloquer

Face à la stratégie d’obstruction menée par les pays producteurs de pétrole dans les négociations en cours à Genève, j’ai défendu en tant que ministre la position de la France qui appelle à s’entendre sur un traité ambitieux qui ne se réduit pas aux seuls enjeux du tri et du recyclage. Merci aux quotidien Les Echos qui m’a permis de faire le point sur l’état des discussions, qui semblent hélas bloquées, et livrer ma vision sur la façon de sortir de l’impasse.
Extraits :
« Les négociations sur le traité plastique semblent enlisées à Genève : êtes-vous optimiste sur la conclusion d’un accord dans les temps ?
Aujourd’hui la situation de négociation est effectivement très difficile. Certains pays ont décidé de mener une stratégie d’obstruction qui ralentit les travaux : les pays du Golfe, la Russie et les Etats-Unis. Ils font tout pour empêcher les négociations d’aboutir, pour préserver leurs bénéfices de court terme au détriment de la santé de leur population.
Le texte sur lequel nous sommes censés nous accorder contenait 300 points à négocier en fin de semaine dernière, il en compte désormais 1.400. Tout est prétexte à discussion, y compris des éléments consensuels. Par exemple, le fait que le plastique ait un impact sur la santé : il y a des pays qui se battent pour que cette notion n’apparaisse pas. Ce qui est nouveau, c’est que les Etats-Unis bloquent aussi désormais les négociations. La Chine en revanche n’entre pas dans ce jeu de l’obstruction.
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Certains poussent pour que le traité soit adopté par un vote et non par consensus. Est-ce une voie possible ?
En principe la règle, c’est le consensus. Mais le vote est une solution intéressante, techniquement envisageable dans le cadre de négociations onusiennes. Lorsque l’urgence s’impose pour une majorité d’Etats, on ne peut pas laisser un petit nombre de pays tout bloquer.
Mais il faut faire les choses dans l’ordre : la priorité du moment, c’est d’arriver à un texte qui soit opérationnel et utile. Ensuite, si une minorité d’Etats bloque malgré tout, il ne faudra pas exclure la possibilité d’un vote pour avancer.
Pourquoi jugez-vous indispensable une réduction de la production, point dur des négociations ?
La pollution plastique est un fléau mondial, la réduire est un enjeu essentiel de santé publique : on commence ainsi à faire la relation entre les microplastiques présents dans les organes humains et des maladies de type Parkinson ou syndromes inflammatoires.
Si on ne fait rien, la production de plastique triplera d’ici à2060. S’occuper de la collecte, du tri et du recyclage, c’est très sympathique, mais ça n’est pas du tout à la hauteur de la vague de déchets plastiques qui nous submergera si nous n’agissons pas à l’échelle mondiale. C’est pour ça que la France a une position très ambitieuse, et que nous avons travaillé à rassembler autour de nous une coalition d’une centaine de pays allant dans le même sens. »
Retrouvez l’intégralité de cet article sur le site du quotidien Les Echos.