Océans : porter la voix de la France

La conférence des Nations Unies sur les Océans (Unoc) s’ouvre ce lundi 9 juin à Nice. Avec un enjeu majeur : avancer vers une gestion internationale durable des océans qui produisent la moitié de l’oxygène que nous respirons, régulent le climat et fournissent des protéines à 3 milliards d’humains. Pourtant, il ne s’agit que du troisième rendez-vous onusien sur le sujet. Pas tout à fait une COP, le sommet ne donnera pas lieu à un traité, mais à des engagements volontaires des pays, et une déclaration politique commune vendredi 13 juin. Ministre de la transition écologique, j’y porterai la voix de la France, qui possède le deuxième plus grand domaine maritime au monde derrière les Etats-Unis.

Merci au magazine Challenges qui m’a proposé une revue des enjeux… Extrait.

« Je travaille avec les pêcheurs, le monde scientifique et les défenseurs de l’environnement pour crédibiliser cette trajectoire et créer de nouvelles zones. La difficulté, c’est qu’il existe 17 statuts administratifs et juridiques différents pour les AMP, gérées par l’Etat, mais aussi des régions, des collectivités locales de tous ordres, des associations… Avec des niveaux de restrictions très différents et des gouvernances très diverses. Plutôt que d’imposer une vision parisienne déconnectée du terrain, je vais définir un cahier des charges qui correspond à une protection forte de type Parc national ou Réserve nationale reconnue au plan mondial. Et sur la base de cette définition nous labelliserons des zones en protection forte au sein des aires marines protégées existantes ou nous créerons de nouvelles aires en visant les zones les plus intéressantes d’un point de vue de biodiversité. Il y a des labellisations évidentes que nous mettrons en œuvre. Nous les avons notamment travaillées avec les pêcheurs et les ONG.

Allez-vous interdire le chalutage dans les aires marines protégées ?

Je veux d’abord rappeler qu’il n’y a pas de chalutage de fond dans 97 % de nos eaux territoriales françaises et que cette technique est interdite dans près de la moitié des eaux hexagonales. Le chalut de fond sera interdit dans les zones de protection forte là où il faudra protéger les fonds marins. Mais quand il s’agit de protéger des oiseaux, ce sont d’autres activités humaines qu’il faut restreindre ou interdire. C’est pour cela que nous avons engagé des analyses risques pêche dans chacune de nos aires marines protégées pour prendre des décisions complémentaires d’ici à 2028.

Mais la pêche professionnelle n’est qu’une pression parmi d’autres sur la biodiversité. C’est l’arbre qui cache la forêt. Il faut absolument encadrer la pêche de loisirs, réduire les pollutions d’origine terrestre, réglementer le mouillage des bateaux, réguler la pression touristique dans certaines zones… Si on veut être sérieux. C’est ce que nous allons faire. »

Retrouvez l’intégralité de cette interview sur le site du magazine Challenges.