Comprendre notre démarche
République attentive · France robuste · Progrès choisi · Démocratie du réel · Méthode APR… Je réponds à vos questions !
La République attentive : prendre soin
Vous évoquez souvent une « République attentive ». De quoi s’agit-il ? Elle n’est pas attentive la République ?
En France, on communique sur des mesures, mais on n’évalue pas assez ce qu’elles produisent. Pourtant, une politique publique se juge à ce qu’elle change dans le réel, pas à ce qu’elle promet. La justice commence par regarder là où personne ne regarde. Si on veut faire de la politique, c’est le premier pas. Je crois à cette attention de l’action. On ne change rien tant qu’on refuse de voir. Je veux porter des combats là où tout le monde détourne les yeux. Regarder le réel, agir sur les vies invisibilisées. La République attentive que j’appelle de mes vœux, c’est celle-là, qui agit sur le réel. Chacun sait que c’est un combat juste et nécessaire.
Pourquoi parler des prisons, de l’ASE, des NEET ?
La République attentive doit aller là où personne ne regarde. En 2024, la France compte 1,4 millions de jeunes désocialisés, les NEET que vous évoquez. On parle de plus d’un jeune sur 8 et près d’1 jeune sur 3 dans les quartiers prioritaires de la ville (29% selon l’ANACT et l’INSEE). L’ASE, ce sont des enfants parfois trimballés dans plus de 20 familles dès l’âge de deux ans. La prison est une machine à créer de la récidive où l’on mélange détenus « lourds et légers », pardon pour l’image, mais vous imaginez bien le résultat. Ce n’est pas l’école de la vie, c’est l’école de la délinquance et du crime. Porter une République attentive, c’est s’occuper de ces sujets, de ces vies qu’on abime, de ces existences qu’on invisibilise et qui si elles sont ignorées finissent par se rappeler à nous de manière violente. La République attentive doit commencer par prévenir les accidents de la vie…
Vous parlez d’une “politique de non-détournement”. Que voulez-vous dire ?
Oui. Dans notre système politique, annoncer une mesure ou prendre une mesure sans vérifier ce qu’elle produit n’a pas de sens. Annoncer une nouvelle enveloppe budgétaire, ce n’est pas traiter un sujet. Ce n’est qu’un moyen. Ce qui compte, c’est comment une mesure est déployée, quel impact cette nouvelle enveloppe financière a produit. L’action publique doit être constamment évaluée, ajustée, corrigée. C’est la seule manière de lutter contre l’impuissance politique et de recréer la confiance. La confiance se bâtit aussi sur la capacité à rendre compte des résultats et à les discuter avec les citoyens.
Est-ce une politique de gauche ?
Oui. J’assume cette dimension sociale. Une sensibilité sociale qui répare, qui évalue, qui se remet en question, qui juge son action sur ses résultats parce que mon objectif est avant tout d’améliorer le quotidien.
« Une famille monoparentale abandonnée, un enfant confié à 20 familles, un mineur livré à lui-même, une femme sans autonomie financière… Ce sont des vies empêchées de se réaliser. Ce sont pour ces vies-là que je crois en une République attentive. Si on veut recréer de la confiance dans la politique, il faut que la politique ne soit pas impuissante, qu’elle produise des résultats concrets. C’est dans l’action partagée, collective que cela peut être réalisé. L’Etat central doit aussi donner à chacun la possibilité d’agir sur son destin… L’Etat doit être émancipateur. Il faut tout faire pour prendre soin de nos concitoyens. »
La France robuste : de l’efficience à la robustesse
Vous parlez de « robustesse », de France robuste. C’est votre définition de la souveraineté ?
La souveraineté, ce n’est pas tout maîtriser, mais ce n’est dépendre de personne en particulier, d’aucun Etat, ni d’aucune entreprise sur des sujets critiques. La souveraineté, c’est pouvoir faire sans. La robustesse participe de cette souveraineté : elle renforce la capacité à encaisser les crises. Renforcer la robustesse de la France implique des coûts supplémentaires, mais cette stratégie joue le rôle d’une assurance pour se protéger des risques qui pourraient se matérialiser. Quand on n’est plus dépendant de personne sur des sujets critiques, on peut négocier.
Vous avez déjà mis en œuvre cette souveraineté ?
Sur l’uranium, nous dépendions du Niger. Nous avons travaillé à renforcer nos liens avec l’Australie et le Canada. Il n’est pas question de proner l’autarcie, mais de diversifier son risque. Si tu ne dépends pas de quelqu’un de manière critique, tu peux lui dire non. Si tu peux dire non, tu peux négocier. C’est cela, une France robuste : pouvoir tenir dans le monde de risques qui vient. Et nous sommes bien plus robustes que nous ne le croyons. Je suis confiante dans notre capacité à construire en matière de défense, en matière industrielle, en matière de numérique, la robustesse requise.
Vous dites que l’on a trop longtemps confondu efficience et robustesse. Quelle est la différence ?
Pendant des décennies, on a estimé que le moindre coût renforçait l’efficience économique. Dans l’industrie en particulier, des décisions d’investissement locales, dans les territoires, ont été abandonnées parce qu’il y avait moins cher ailleurs. Cela a renforcé la rentabilité, permis à des entreprises de conquérir des marchés parfois aussi tout simplement de survivre. Mais cette efficience économique a un prix. La facture nous a été présentée lors de la crise du COVID19. Quand on m’a chargé, dans mes responsabilités ministérielles, de trouver des masques ou négocier des vaccins, où était la robustesse ? Nous étions très efficients, mais la France était démunie. Se battre pour une France robuste, c’est penser long terme dans un monde violent, imprévisible. Toutes nos politiques industrielles, économiques, doivent être pensées à cette aune.
« La souveraineté, ce n’est pas tout faire en autarcie. C’est maîtriser son destin et donc pouvoir faire sans tel pays ou telle entreprise qui nous fournit des services ou des produits clés »
Le droit de choisir notre Progrès
Êtes-vous contre le progrès technologique ?
Absolument pas. Je suis contre le progrès pour le progrès des magnats de la tech. Je crois au progrès choisi par les citoyens, celui qui augmente réellement leur qualité de vie, leur pouvoir de mieux vivre. Aujourd’hui, on nous fait avaler que ce qui est nouveau est nécessairement un progrès et on nous culpabilise si on n’adhère pas spontanément à ce consumérisme aveugle. Toute innovation n’est pas un progrès. Un progrès doit améliorer la vie, pas se faire au détriment du pouvoir d’achat, de la santé ou de la qualité de vie de celui qui en bénéficie.
N’est-ce pas un discours décroissant ?
Absolument pas. Consacrer des ressources à des services ou des produits qui nuisent à la santé ou à la qualité de vie n’a aucun intérêt. La France doit choisir ce qu’elle importe. Elle doit produire mieux, plutôt que plus. Produire mieux, c’est offrir des biens et des services qui améliorent la vie des citoyens, et nous permettent collectivement d’être souverains et de ne dépendre de quiconque en particulier. On a des atouts pour produire une énergie bas carbone pour remplacer les fossiles, offrir des technologies de confiance qui ne nous mettent pas en risque vis-à-vis d’un Etat ou d’une entreprise en particulier, des services publics robustes. C’est un discours de responsabilité, pas de renoncement.
Qui décide de ce qu’est le progrès ?
Certainement pas les algorithmes, ni les géants de la tech, ni les puissances étrangères qui veulent faire du bénéfice sur le dos de nos citoyens. Dans une République attentive, ce sont les citoyens, éclairés par la science et dans le cadre d’un débat démocratique, qui doivent pouvoir choisir ce qui a de la valeur pour leur vie.
Critiquez-vous les grandes plateformes et la technologie ?
Je critique un modèle de progrès qui confond innovation et domination. Quand une technologie détruit la santé, l’environnement, l’indépendance financière ou le libre arbitre, ce n’est pas un progrès. La politique doit savoir dire non. Ce qui est important, c’est le bénéfice humain net.
Que signifie être progressiste aujourd’hui ?
Être progressiste aujourd’hui, ce n’est pas vouloir toujours plus. C’est décider ensemble de vouloir mieux.
« Je crois au progrès choisi, pas au progrès subi. Le progrès n’est pas ce qui est nouveau. C’est ce qui améliore vraiment notre qualité de vie. Nous avons confondu le progrès avec l’accélération et la surconsommation. Mais cette course a abîmé nos ressources naturelles, notre santé et notre libre arbitre. Le vrai progrès rend la vie meilleure. »
Démocratie du réel : une culture du résultat
Qu’est-ce que la démocratie du réel ?
La démocratie du réel, c’est une démocratie qui place le résultat au cœur de son action… Les outsiders — les femmes en font souvent partie — jugent une décision à son effet, pas à son prestige. Je crois que le pays a besoin de cette boussole-là : le résultat d’abord. C’est ma culture, une culture du résultat.
Vous dites que 80 % des hommes sont insiders, c’est violent… Vous opposez hommes et femmes ?
Je ne parle pas de biologie, mais de structure. Beaucoup d’hommes ont été socialisés au centre du jeu politique, beaucoup de femmes à sa périphérie. L’un regarde la position, l’autre regarde le résultat. Le sujet, c’est de remettre le résultat au cœur de la démocratie.
La démocratie du réel, c’est un féminisme contemporain ?
Oui. Et ce n’est pas un féminisme de revendication, c’est un féminisme d’avenir, de performance. Ce n’est pas “les femmes contre les hommes”, c’est “le réel contre les postures”. Nous avons besoin de cette démocratie du résultat.
Vous opposez insiders et outsiders ? C’est très schématique, non ?
Vous observez notre société ? Constatons le réel. Oui, car les insiders jouent entre eux. Les outsiders, eux, voient le problème réel. Le pays a besoin de sortir de l’ego-système politique et de revenir au concret.
Méthode APR – encourager et libérer l’action pour restaurer la confiance Une autorité par l’action : restaurer la confiance
Comment expliquez-vous la perte de confiance envers les élites et les institutions ?
La défiance vient d’une chose simple : trop de gens n’ont plus la main sur leur vie. Quand on subit, quand on ne peut rien faire, on finit par se méfier de tout ceux qui représentent un pouvoir. La confiance revient quand la capacité d’action revient. L’Etat exerce une autorité légitime quand il permet à chacun d’agir dans un cadre protecteur, respectueux de ses droits mais qui ne décide pas à votre place en toute occasion. L’autorité donne alors le pouvoir aux gens d’agir sur leur propre vie, destin.
Comment rétablir cette confiance ?
Il faut réconcilier les Français avec les décideurs publiques. Pour cela, il faut redonner des leviers concrets : pour trouver un travail, pour faire réussir son enfant, pour améliorer son quartier, pour être en bonne santé. Quand chacun a un impact sur sa vie qu’il ne doit pas tout attendre d’une instance « supérieure », la motivation renaît, et la confiance suit. L’Etat central retrouve sa légitimité par sa capacité à permettre voire susciter l’initiative des acteurs de terrain.
Quel modèle d’autorité défendez-vous ?
Une autorité capacitante : une autorité qui permet aux gens d’agir plutôt que de subir. L’autorité ne vise pas à diriger mais à rendre possible l’action. A quoi servirait l’exercice de l’Etat si rien ne change ?
« Quand chacun retrouve une capacité de libre arbitre et d’action — dans son emploi, pour sa santé, à l’école — la confiance revient. L’autorité doit redevenir une démonstration que chacun peut développer des projets personnels sans entraves inutiles. C’est la condition d’un succès futur. L’autorité n’a de sens que si elle permet d’agir. Redonner la main aux acteurs de terrain, c’est recréer de la confiance. Notre défi, c’est de rendre chaque Français acteur des solutions. C’est ainsi que l’Etat central retrouvera sa légitimité. Localement, je veux redonner du pouvoir au terrain. L’Etat pose le cadre, mais ce sont les acteurs de terrain qui agissent. »
Une administration de confiance : libérer les porteurs de projets
Pourquoi voulez-vous revenir sur le contrôle a priori ?
Parce que cela paralyse le pays. En voulant éviter l’échec, on empêche les projets de naître. Le contrôle doit venir après, une fois que les projets ont émergé.
On parle tout de même d’argent public. N’est-ce pas risqué de laisser passer des projets sans contrôle ? On va nécessairement financer des échecs…
Vous avez l’impression que le système actuel prévient l’échec ? Le vrai risque, c’est de laisser mourir 80 bonnes idées en espérant en éviter 20 mauvaises. L’innovation suppose l’essai et l’échec. On n’apprend rien sans expérimenter.
Pourquoi parler de “confiance” ?
Parce qu’à force de contrôler, le législateur crée de la défiance et, à force d’être contrôlés, les Français ne font plus confiance à leurs responsables politiques ni à leur administration. Ils ont le sentiment d’être paralysés, asphyxiés. Une administration qui fait confiance libère l’énergie et l’innovation collective.
Que signifie “passer de la norme au contrat” ?
Fixer des objectifs, des indicateurs clairs, et laisser les acteurs construire leurs solutions. C’est responsabilisant, rapide et beaucoup plus efficace que de prédéfinir tout. Le principe de précaution, ce n’est pas défendre toute prise de risque. Ce principe a été dévoyé de son sens. Accepter l’échec, c’est se donner les chances de réussite. Celui qui n’a jamais échoué n’a jamais vraiment réussi. Empêchez un enfant de tomber. Croyez-vous qu’il apprendra à marcher plus vite ? La vie, c’est la confiance. Il faut faire confiance aux Français. Je suis pour une société vivante, un Etat de confiance.
« Une France qui réussit est une France qui ose. Aujourd’hui, on exige de l’administration qu’elle prévienne tout risque d’échec. Conclusion, elle s’immobilise, multiplie les contrôles et les procédures pour s’assurer que tout va bien ou gèle les projets, ce qui évite l’échec… Nous devons passer à un administration de la confiance : libérer, accompagner – ce qui n’empêche pas d’évaluer après. C’est très important au niveau local. De la norme au contrat. Cela vaut au niveau national, mais surtout au niveau local. Si nous nous faisons confiance, nous relèverons tous les défis. L’État ne doit plus essayer de prédire ce qu’est un “bon” projet. Il doit fixer le cap, puis laisser les acteurs de terrain opérer. Ce sont eux qui savent. Il doit laisser naître les projets, accompagner, puis évaluer. »
L’esprit corsaire : le courage de la vitesse.
Pourquoi parlez-vous autant de vitesse ?
La France l’a déjà prouvé, quand les circonstances l’imposent, elle sait décider vite et réaliser l’impossible. Mais au quotidien, nous avons fini par confondre protection de nos concitoyens et lenteur administrative. Le génie français sait faire de grandes choses. Faisons confiance à notre administration. Ne lui demandons pas de ne jamais se tromper car elle ne prendra plus aucun risque alors même que nous devons bouger les lignes, aller contre les habitudes, nous adapter constamment à de nouveaux risques et de nouvelles situations.
Pour résumer ce besoin de vitesse, vous parlez « d’esprit corsaire ». Le corsaire n’est-il pas une figure dangereuse ?
Le corsaire, c’est une de nos plus belles références historiques. Le corsaire est un serviteur loyal, rapide, agile, courageux qui contourne la difficulté et force le destin pour servir l’intérêt général. Alors, oui, je fais effectivement souvent référence à « l’esprit corsaire » parce que, je me suis parfois retrouvée dans des situations où pour servir la France, il fallait brusquer les habitudes pour le bénéfice commun ! Je peux vous dire, par exemple, qu’au niveau européen… c’est une nécessité absolue si l’on veut avancer.
Quel est le problème avec l’administration actuelle ?
Le problème n’est pas la compétence des agents. Le problème, c’est le contrôle a priori et la peur de sous-estimer les risques qui ralentissent les projets. Nous avançons trop lentement, et nous recommençons trop souvent. Ces problématiques sont démultipliées au niveau européen. L’Europe est parfois une bureaucratie absurde avec laquelle il faut être d’une violence inouïe pour la faire bouger.
Que proposez-vous ?
Retrouver un tempo de décision et d’action publique. La France a besoin d’élans, pas d’interruptions. L’État doit rester en mouvement. Quand on parle de « réindustrialisation », il ne faut jamais cesser d’agir.
« Un corsaire n’est pas un pirate c’est un serviteur rapide, agile, loyal. Le courage de contourner ce qui bloque, pour servir ce qui compte. La vitesse est la clé ! Et, le COVID l’a montré, en situation de crise, nous savons prendre très rapidement des décisions courageuses. Ce n’est pas la vitesse qui nous met en danger : c’est l’immobilisme. »
La parole claire : une force pour faire
Pourquoi dites-vous que la parole politique est un acte ?
Elle est un acte quand elle dit les choses avec clarté, qu’elle parle vrai. Le parler vrai est un acte au service d’une société lisible, où chacun retrouve des marges de manœuvre dans son quotidien parce qu’il comprend les enjeux, peut faire des choix éclairés. En démocratie, le parler clair sert à imprimer une direction, à sortir des ambiguïtés. C’est comme cela que l’on aligne les acteurs pour les mobiliser et les mettre en mouvement. Le parler clair, c’est l’anti à hue et à dia. Certains pensent qu’on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment – selon la formule du Cardinal de Retz ? Je pense au contraire qu’exercer son mandat avec clarté donne la force de faire et que la société en sort grandie. C’est pour ça que je fais de la politique. J’ai une culture du résultat.
Votre camp manque-t-il de clarté ? Vous voulez sortir du « en même temps » ?
Trouvez-vous que le monde a changé depuis 2017 ? Si le « en même temps » a pu manquer de lisibilité, il a surtout a dû plier devant un contexte radicalement mobile. Nous devions tirer les leçons des inversions stratégiques que seule la France avait anticipé. Le contexte, notre société exigent aujourd’hui davantage de direction. Le parler clair permet d’assumer une orientation et s’y tenir. La parole claire est centrale pour le débat démocratique. Je suis cash ? Non, j’exprime mes positions clairement. Je propose que nous soyons tous « bâtisseurs de la République », je l’assume. Je veux une République attentive. Cela se construit sur une parole claire et… qui m’aime me suive. Permettre aux électeurs un choix éclairé, c’est la meilleure démocratie.
Les Français ne croient pourtant plus aux promesses.
Parler clair, c’est rétablir la confiance, la seule manière de réparer ce lien… La parole publique doit être claire pour pouvoir se traduire en actes. Si tout est ambigüe ou contradictoire, c’est une valse, une hésitation, trois pas en avant, deux pas en arrière. A la fin, tout le monde parle sans agir, la démocratie se fatigue. Je fais l’inverse : j’utilise la parole pour engager l’action. Pour moi, parler clair, c’est vertueux. Cela donne la force de faire.
« Laissez-moi vous faire une confidence. En entrant au gouvernement, j’ai découvert quelque chose d’essentiel : la parole politique n’est pas un supplément à l’action. Elle en est l’origine. On dit parfois que tout a été dit. Je crois exactement l’inverse : tout reste à dire… si l’on veut que cela fasse bouger les lignes. Le parler clair, c’est assumer que la parole engage et qu’elle porte une responsabilité. Nous sommes dans un univers saturé de messages contradictoires. Si la parole politique a perdu son prestige, elle n’a pas perdu sa force. Toute orientation publique commence par un mot juste. Toute réforme commence par une direction assumée. La parole n’est pas une décoration : elle est la première pierre de l’action. Reste à trouver le courage de dire pour faire. Je crois avoir prouvé que j’ai ce courage… »
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